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Caitlin JOHNSTONE: Diverses réflexions sur la politique, l’humanité et le monde

Caitlin JOHNSTONE

https://www.legrandsoir.info/diverses-reflexions-sur-la-politique-l-humanite-et-le-monde.html

Le problème n’est pas seulement que nous sommes gouvernés par des tyrans, c’est que notre tête est remplie de propagande et de virus culturels qui nous poussent à y consentir.

La russophobie et l’accent sans nuances mis sur Trump ont été utilisés pour alarmer un pourcentage agaçant de progressistes américains, qui sont passés d’un désir de changement à un désir de retour en arrière. Vouloir que les choses redeviennent comme avant, c’est vouloir le retour des conditions qui ont créé Trump.

Le patriotisme est comme la pilule bleue dans The Matrix. Si vous la prenez, vous vous sentez bien dans votre pays, mais vous n’apprenez pas la vérité à son sujet.

Si tout le monde comprenait soudainement à quel point la guerre est horrible, toutes les actions militaires dans lesquelles les Etats-Unis et leurs alliés sont actuellement engagés cesseraient sous la pression d’une révolte populaire.

Autre sujet peu abordé : les agences gouvernementales secrètes fournissent un soutien aux entreprises de la Silicon Valley, soutien qu’elles auraient pu facilement menacer d’apporter aux concurrents de ces entreprises si certains accords n’avaient pas été conclus.

Quiconque dit que la Russie est sur le point d’envahir l’Ukraine ou les États baltes est soit un menteur, soit un ignorant. Une nation dont l’économie a la taille de celle de l’Espagne et qui réduit son budget militaire ne se prépare pas pour la troisième guerre mondiale.

La personnalité militaire de la Russie ressemble beaucoup au stéréotype du vétéran militaire russe : stoïque et réservé quand il n’est pas provoqué, mais disposé et capable de vous mettre dans un fauteuil roulant si vous envahissez son espace personnel. Elle doit être traitée en conséquence.

Les gens qui ne croient pas que ces escalades idiotes contre la Russie peuvent mener à une guerre nucléaire refusent tout simplement d’envisager toutes les possibilités. Et le font par lâcheté intellectuelle.

Un gouvernement démocratique pourrait en effet être un outil du peuple pour mettre en œuvre la volonté du peuple dans l’allocation des ressources et la protection de l’ensemble de la population. Un tel système fonctionnerait infiniment mieux que celui où le sort du peuple est déterminé par une élite de ploutocrates sociopathes. Le problème, c’est que les gouvernements ne sont pas démocratiques et n’agissent pas conformément à la volonté du peuple, et tant qu’ils ne le font pas, un tel système est impossible.

L’absence de gouvernement est aussi une voie envisageable, si l’humanité transcende son modèle inconscient destructeur. Croire que l’anarchisme peut fonctionner, c’est croire en la possibilité d’une telle transcendance.

Croire que le capitalisme est le meilleur système possible, c’est croire que le meilleur système possible élève naturellement les plus avides, les plus sournois et ceux qui sont les plus disposés à tout faire pour grimper plus haut, jusqu’à dépouiller notre planète.

L’humanité continuera à répéter les mêmes schémas inconscients jusqu’à ce qu’elle se réveille ou s’autodétruise.

L’éveil spirituel collectif de l’humanité sera le fruit d’un éveil spirituel individuel. Les choses commenceront à pénétrer les consciences, nous prendrons conscience des forces sous-jacentes derrière nos souffrances, et à mesure qu’elles deviendront conscientes, nous pourrons les défaire et les remplacer consciemment par des processus qui nous seront bénéfiques.

Ce qui s’est passé en France montre ce qui peut se produire lorsque ceux qui sont au pouvoir perdent le contrôle du récit. Un soulèvement populaire inter-idéologique est le pire cauchemar de la classe dirigeante ; éviter une telle chose est la raison même pour laquelle tant d’énergie est consacrée à un contrôle étroit du récit, via les médias ploutocratiques et la manipulation politique.

Vos dirigeants n’ont jamais eu peur des Russes, des Chinois, des Nord-Coréens ou des terroristes. La seule chose dont ils ont toujours eu peur, c’est vous. Plus précisément, ils ont peur que vous et vos compatriotes ne cessiez de croire aux récits autorisés, qu’ils ne se débarrassent des anciens mécanismes d’oppression et de contrôle par la seule force du plus grand nombre sans tirer un seul coup de feu et qu’ils ne créent un nouveau monde ensemble.

Celui qui possède l’or établit les règles, mais celui qui contrôle le récit détermine qui possède l’or.

Quiconque essaie de contrôler votre récit sur vous-même essaie de vous contrôler.

Personne n’a le droit de vous intimider ou de vous faire honte en vous privant de votre droit d’arriver à votre propre compréhension du monde, avec vos propres pensées, en utilisant vos propres recherches, en n’acceptant aucune affirmation de foi faisant autorité, peu importe la confiance qu’on leur accorde. Vous êtes infiniment plus qualifié que quiconque pour arriver à votre propre compréhension de ce qui se passe, et c’est votre droit souverain en tant qu’être humain d’exprimer cette compréhension.

Les problèmes personnels, politiques et sociétaux se résument en fin de compte à la souveraineté. Prendre conscience de la myriade de façons dont nous nous étendons au-delà de nos propres frontières souveraines et empiétons sur la souveraineté des autres, qu’ils soient personnels, idéologiques, nationaux ou écosystémiques, est la voie vers la création d’une utopie où nous pouvons tous collaborer entre nous et avec notre environnement dans l’intérêt du bien commun.

Ce qui s’annonce dans à peine une génération ou deux, c’est l’une des trois possibilités suivantes : la liberté totale, l’esclavage total ou l’annihilation totale. Désolée pour les indécis, il n’y a pas de quatrième option. La confluence de l’Intelligence artificielle, de l’automatisation et d’une élite de plus en plus paranoïaque et sécuritaire signifie que nous serons probablement soumis à plus de surveillance, plus de manipulation, plus de travail à moindre salaire à mesure que les emplois disparaîtront en même temps que les protections sociales, dans le cas où nous ne nous autodétruisons pas.

Ou alors, nous changeons rapidement notre conscience et nous nous débarrassons complètement du système punitif qui exige que les gens travaillent pour gagner leur vie, et prenons conscience de l’abondance qui nous entoure. Nous travaillerons de notre plein gré, et à notre propre rythme, en faisant ce que nous voulons. Si c’est difficile à imaginer, je vous supplie d’essayer quand même et de chercher comment y arriver. Ce n’est pas si difficile. Nous avons déjà tous les outils en main.

Les humains sont des sorciers géants d’une beauté explosive. Ce serait vraiment dommage de nous autodétruire avant de l’avoir compris.

Caitlin Johnstone

traduction « on cause des gilets jaunes jusqu’en Australie, dites-donc » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

 

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« Convergence des Cultures »


Antécédents

Convergence des Cultures (1) est un organisme du Mouvement Humaniste. Ce Mouvement est né le 4 mai 1969, à Punta de Vacas, paysage montagneux des Andes près de la frontière entre l´Argentine et le Chili, avec la harangue publique connue sous le nom de LaGuérison de la Souffrance donnée par Silo, son fondateur.

Le Mouvement Humaniste se fonde sur le courant de pensée connu comme Nouvel Humanisme ou Humanisme Universaliste.

Ce courant dont la pensée est exposée dans l´œuvre de Silo et dans celles des divers auteurs qui s’en inspire, implique également un sentiment et une façon de vivre ; il prend forme dans de multiples domaines de l´activité humaine, donnant origine à divers organismes et fronts d´actions. Tous s´appliquent dans leur domaine d´actions respectif vers un objectif en commun : humaniser la Terre, contribuant ainsi à augmenter la liberté et le bonheur des êtres humains. Ils ont en commun la méthodologie de la Non-violence active et la proposition d´un changement personnel en fonction de la transformation sociale.

Les autres organismes issus de ce même Mouvement Humaniste sont le Parti Humaniste, La Communauté pour le Développement Humain, Monde sans Guerres et sans Violence, et le Centre Mondial d’Études Humanistes.

L’Humanisme Universaliste

L’Humanisme Universaliste, également appelé “Nouvel Humanisme”, se caractérise par la mise en évidence de l’attitude humaniste. Cette attitude n’est pas une philosophie mais une perspective, une sensibilité et une façon de vivre la relation avec les autres êtres humains. L’Humanisme Universaliste soutient que dans toutes les cultures, lors de leur meilleur moment de créativité, l’attitude humaniste a imprégné le milieu social. Sont alors rejetées la discrimination, les guerres et la violence en général. La liberté d’idées et de croyances prend une forte impulsion incitant à la recherche et à la créativité dans les sciences, l’art et les autres expressions sociales. Dans tous les cas, l’Humanisme Universaliste propose non pas un dialogue abstrait ou institutionnel entre cultures, mais un accord sur des points de base et la collaboration mutuelle entre représentants de cultures diverses, se basant sur des moments humanistes comparables.”

Dans nos sociétés actuelles, les différentes cultures cohabitent quotidiennement. Mais ce qui est extraordinaire dans ce moment historique, c’est qu’il s’agit d’un moment de mondialisation dans lequel toutes les cultures se rapprochent et s’influencent mutuellement, comme cela ne s’était jamais produit auparavant.

Il est important de faire la distinction entre ce processus de mondialisation croissant et la globalisation. Ce qu’on appelle globalisation n’est pas autre chose que le comportement traditionnel impulsé par les centres impériaux. Comme cela s’est produit plusieurs fois dans l’histoire, ces empires s’installent, se développent et font graviter autour d’eux d’autres peuples en essayant d’imposer leur langue, leurs coutumes, leurs vêtements, leur alimentation et tous leurs codes. Finalement, ces structures impérialistes finissent par générer violence et chaos, conséquence de leur brutalité grossière et de la confrontation culturelle.

Aujourd’hui, il est nécessaire de créer des enceintes dans lesquelles on recueille les idées, les croyances et les attitudes humanistes de chaque culture qui au-delà de toute différence, existent au cœur des différents peuples et individus.


Objectifs

En termes généraux, Convergence des Cultures propose de faciliter et de stimuler le dialogue entre les cultures, de lutter contre la discrimination et la violence, et de diffuser sa proposition sous toutes les latitudes.

Il s´agit en particulier de :

a) Promouvoir la relation entre les différentes cultures

Grâce à l’organisation de rencontres et d’enceintes d’échange entre des personnes de différentes cultures. Non seulement dans l’intention de faire connaître leurs propres cultures, leurs inquiétudes et aspirations, mais aussi pour que cet échange permette un dialogue véritable orienté vers la recherche de points communs présents dans le cœur des différents peuples et individus.

b) Dénoncer et lutter contre toute forme de discrimination manifeste ou larvée

Au travers de campagnes de différentes sortes qui incitent à la pleine application des droits humains. Pour la libre circulation des êtres humains sur la planète et pour que chacun ait la possibilité de choisir le lieu et les conditions dans lesquelles il veut vivre. Pour améliorer le présent et construire un futur commun.

c) Diffuser ses idées et ses activités

En prenant contact avec toutes les cultures dans les différents pays, dans l’intention de diffuser et d’ajouter d’autres personnes et d’autres organisations intéressées par l’étude et les activités de Convergence des Cultures.


7. Matériels de référence

Convergence des Cultures a pour matériels officiels et matériels recommandés :

Matériels officiels

  • Encadrement de C.C.
  • Manuel de formation personnelle pour les membres du Mouvement Humaniste, Centre d’Études Parc Punta de Vacas, 2009.

Matériels recommandés

  • Le Document Humaniste, Silo, 1992adopté par le PH au IIe Congrès de l’Internationale Humaniste (Moscou, 1993).
  • Autolibération, Luis A. Ammann. (Ed. 1980, Version française, Ed. Références, 2004.)
  • Œuvres Complètes, Silo, Vol I et II., Plaza y Valdés, 2002. (disponibles en français sur silo.net, les livres ont été édités séparément par Éditions Références, Paris.)
  • Notes de Psychologie, Silo. Ulrica ediciones, 2006. (disponible en français sur silo.net)

Cette bibliographie s´enrichira des nombreux apports que feront les membres de Convergence des Cultures pour le développement de ses points de vue et pour son application dans des domaines spécifiques.

9. Aspects institutionnels

Conformément au degré de développement et de croissance de C.C. dans chaque pays et afin de faciliter le développement des objectifs dans sa relation avec le milieu, les Équipes devront obtenir leur statut juridique en tant « qu´association civile à but non lucratif » (ou toute autre appellation selon les normes de chaque pays).

Les statuts ou chartes organisationnels de ces “associations à but non lucratif” reflèteront dans la pratique une organisation et des principes identiques à ceux émis dans les matériels organisationnels officiels au niveau mondial.

Au niveau mondial, Convergence des Cultures s’organise comme une “Fédération Mondiale » qui regroupe toutes les Équipes de C.C. du monde.

Convergence des Cultures
Fédération Mondiale des Équipes de C.C.

Thèses de l’humanisme universaliste

L’être humain, avant de penser à son origine, à son destin, etc. se trouve dans une situation vitale déterminée qu’il n’a pas choisie. Ainsi, il naît immergé dans un monde naturel et aussi social, « empli » d’agressions physiques et mentales qu’il enregistre comme douleur et souffrance. En réaction, il se mobilise en essayant de dépasser cette douleur et cette souffrance.

À la différence d’autres espèces, l’espèce humaine est capable d’amplifier ses possibilités corporelles, grâce à la production et à l’utilisation d’instruments, de « prothèses » (étymologiquement : pro : devant ; thesis : action de poser).

C’est en luttant contre les facteurs de douleur qu’il produit des objets et des signes qui s’intègrent à la société et se transmettent historiquement. La production organise la société et la société, à son tour, organise la production dans un mouvement perpétuel. Bien sûr, l’être humain n’est pas comme l’insecte qui transmet son expérience génétiquement, mais son état naturel et animal est modifié par le monde social.

C’est dans ce monde que naît chaque être humain : un monde dans lequel son propre corps fait partie de la nature. Un monde non naturel, mais social et historique. C’est un monde de production (d’objets, de signes), spécifiquement humain. Dans ce monde tout ce qui est produit a un sens, une intention, un pourquoi. En définitive cette intention est de dépasser la douleur et la souffrance.

La perspective de son horizon temporel, caractéristique de l’être humain, permet à celui-ci de différer des réponses, de choisir parmi des situations et de planifier son futur. Cette liberté lui permet de se nier lui-même, de nier des aspects du corps, de se nier complètement (par exemple : dans le suicide) et de nier les autres.

Cette liberté est aussi celle qui permet à quelques-uns de s’approprier illégitimement le « Tout » social. C’est à dire qu’ils nient la liberté et l’intentionnalité des autres, les réduisent à des prothèses, à des instruments de leurs propres intentions. Là, se trouve l’essence de la discrimination dont la méthodologie est la violence physique, économique, raciale et religieuse.

En conséquence, ceux qui ont réduit l’humanité des autres ont produit, de cette manière, encore plus de douleur et de souffrance, reproduisant dans la société l’ancienne lutte contre la nature. Mais aujourd’hui, elle s’exprime contre d’autres êtres humains qui ont été convertis en objets naturels.

Cette lutte ne se déroule pas entre des forces mécaniques, elle n’est pas un réflexe naturel. C’est une lutte entre des intentions humaines, et cela nous permet de parler d’oppresseurs et d’opprimés, de justes et d’injustes, de héros et de lâches. Le constat de la divergence des intentions humaines nous amène à reconnaître la valeur de la subjectivité personnelle. Ce constat nous permet logiquement de mettre en pratique la solidarité et l’engagement pour la libération de tous les discriminés, qu’ils soient majoritaires ou minoritaires.

A ce niveau, une définition de l’être humain s’impose. Il ne suffit pas de dire « l’Homme est un animal social », car d’autres animaux le sont aussi. Le définir comme un fabriquant d’objets, possédant un langage, sera aussi incomplet. Pour l’humanisme « l’Homme est l’être historique dont la forme d’action sociale transforme sa propre nature ».

Si nous admettons la définition antérieure, nous devons accepter que l’Homme puisse aussi transformer sa constitution physique…
Et c’est ce qui est en train de se produire. Cela a commencé avec des prothèses externes et aujourd’hui il les introduit dans son propre corps. Il est en train de changer ses organes, il intervient dans sa chimie cérébrale, la fécondation in vitro. Il commence même à manipuler ses gènes.

Une éthique de liberté, un engagement volontaire de lutte contre les conditions qui produisent douleur et souffrance – aussi bien en moi que chez les autres – découlent, premièrement, de la reconnaissance du fait que tout être humain se trouve dans une situation donnée et que cette situation se déroule dans le monde naturel (en première instance le propre corps) au même titre que dans le monde social. Cet engagement découle, deuxièmement, de la prise de conscience que les conditions d’oppression ont été établies par quelques-uns en s’appropriant le « Tout » social. Car l’oppression exercée sur n’importe quel être humain est aussi mon oppression, sa souffrance est la mienne et ma lutte vise la souffrance et ce qui la provoque.

Mais l’oppresseur ne se satisfait pas d’enchaîner le corps. Il a besoin d’aller plus loin, de s’approprier toute liberté, tout sens et donc toute subjectivité.
Pour cela, le système doit « objétiser » les idées et la réflexion. Les idées « dangereuses » ou « suspectes » doivent être isolées, enfermées et détruites comme s’il s’agissait de germes contagieux

Dans ce domaine l’être humain doit aussi revendiquer son droit à la subjectivité : il a le droit de s’interroger sur le sens de sa vie, de pratiquer et de proclamer publiquement ses idées, sa religiosité ou son athéisme. Tout prétexte qui entrave l’exercice, l’investigation, le prêche et le développement de la subjectivité, quiconque l’entrave ou le retarde, indique sans équivoque le signe de l’oppression qu’exercent les ennemis de l’humanité.

Les thèses suivantes constituent les fondements les plus amples, sur lesquels le corps des idées s’appuie, sur ce que nous appellerons, par anticipation « doctrine humaniste ».

Les thèses, ne partent pas d’une « idée » ou d’une croyance de la réalité. Elles partent de « l’analytique » de la vie humaine comme existence, c’est à dire : la particularité concrète.

Ce préambule, qui est plutôt la direction initiale de toutes nos thèses n’empêche pas qu’on puisse arriver à un système très ample de compréhension, ainsi que cela se produit avec ces sciences qui ne partent pas d’axiomes.

D’un point de vue logique, nous défendons la méthodologie de l’analytique existentielle, et nous l’opposons à toutes logiques antérieures qui prétendent passer, par interférences, du général au particulier, puisque si on n’a pas de données de ce qui est particulier, on ne peut énoncer de données universelles qui l’incluent.

Nous reprenons sur ce point, l’interprétation des propositions catégoriques, selon laquelle les propositions particulières ont un caractère existentiel, en même temps que les propositions universelles sont leur négation.

Thèse 1
L’existence humaine se produit dans le monde. Elle y commence, s’y développe et s’y termine. C’est pourquoi on ne peut supposer une direction, une raison ou un sens préalable à l’existence, sans contredire ce qui précède.

Thèse 1.1 
L’existence humaine commence avec la naissance, avec l’ouverture de l’intentionnalité au monde comme premier pas de liberté du conditionnement naturel. En ce sens, avant la naissance, on ne peut pas parler avec rigueur  » d’existence humaine « .

Thèse 2 
Nous entendons par monde tout ce qui est différent du propre corps. Pourtant, celui qui existe considère son corps comme une partie du monde. Corps et monde sont ce qui est donné, ce qui est fait et ce qui est naturel.

Thèse 2.1
La nature n’a pas d’intention propre. Ni le corps, ni le monde ne possèdent de conscience séparée. Attribuer une finalité à la nature peut être un artifice pour la compréhension, mais cela ne dérive pas légitimement de ces propos.

Thèse 2.2 
Le monde dans lequel on naît est aussi un monde social constitué d’intentions humaines.

Thèse 2.3 
Seule la sociabilité du monde a une intention. Le naturel est susceptible d’être intentionnalisé, « humanisé ». Il est certain que le social est agent et patient d’humanisation, de sens.

Thèse 2.4 
L’existence humaine est ouverte au monde et y opère avec intention. Et même, elle peut le nier radicalement au moyen du suicide et de la destruction. L’existence peut annihiler le monde (par conséquent, le corps, la nature et/ou la société) ou bien humaniser le monde.

Thèse 2.5 
Par conséquent, l’existence humaine est liberté en tant qu’affirmation ou négation du monde. L’intentionnalité humaine permet d’affirmer ou de nier les conditions, et, par-là même, de ne pas être le simple  » reflet  » de celles-ci.

Thèse 3 
Le social est historicité. Ainsi, l’être humain est histoire sociale et personnelle, et non pas « nature » humaine. La nature affecte le corps humain et non pas l’intentionnalité qui, elle, est ce qui définit l’humain.

Thèse 3.1 
C’est à partir de la liberté que l’être humain choisit d’accepter ou de nier les conditions sociales dans lesquelles il naît, se développe et meurt.
Personne ne peut exister sans se confronter aux conditions sociales dans lesquelles il vit et personne ne peut éviter de choisir entre elles. Le fait de ne pas choisir entre des conditions est aussi un choix. Les résultats du choix ne confirment ni n’infirment ce fait.

Thèse 3.2 
Dans la confrontation avec les conditions sociales surgit la notion d’historicité qui se comprend comme précédant et succédant la propre existence. Ainsi, l’activité sociale est une continuelle mise en cause de l’histoire et elle est aussi un engagement vers le futur, au-delà de la mort personnelle.

Thèse 3.3 
L’existence humaine se développe parmi des contradictions introduites dans le social et le personnel par les conditions historiques.

Thèse 3.4 
La contradiction a son corollaire au niveau personnel dans le registre de la souffrance. C’est pour cela que, confronté aux conditions sociales de contradiction, l’être humain individuel identifie sa souffrance avec celle des ensembles soumis aux mêmes conditions.

Thèse 4 
La contradiction sociale est le produit de la violence. L’appropriation du  » Tout  » social, par une de ses parties, est violence et cette violence est à la base de la contradiction et de la souffrance. La violence se manifeste comme le dépouillement de l’intentionnalité de l’autre (et bien sûr de sa liberté) ; comme action d’immerger l’être humain ou l’ensemble des êtres humains, dans le monde de la nature1.

Thèse 4.1 
Les différentes formes de violence (physique, économique, raciale et religieuse) sont des expressions de la négation de l’humain chez l’autre.

Thèse 5 
Dans le champ des relations interpersonnelles, « l’objétisation » de l’autre: la négation (ou appropriation) de tous ou de quelques aspects de son intentionnalité est facteur de souffrance. Dans tous les cas, il y a des oppresseurs et des opprimés, des discriminateurs et des discriminés.

Thèse 6 
La souffrance personnelle et sociale doit être dépassée par la modification des facteurs d’appropriation illégale et violente qui ont installé la contradiction dans le monde. Cette lutte pour dépasser la souffrance donne une continuité au processus historique et un sens à l’être humain puisqu’elle affermit son intentionnalité niée par les autres.

Thèse 6.1 
La lutte pour l’humanisation du monde (naturel et social) s’accroît et se développe à travers ses résultats en tant que progrès. Mais le fait que les sociétés ne se retrouvent pas dans un même schéma et processus de développement, mais dans des voies différentes de progrès, fait que les conditions de libération sont toujours à portée de main et non pas dans un futur lointain dans lequel de supposées « conditions objectives » se produiraient.

Thèse 7 
Finalement, la mort parait imposer sa « naturalité » à l’intentionnalité de l’être humain et avec sa facticité, jusqu’à maintenant inéluctable, semble déterminer tout futur et toute liberté. C’est la rébellion, face à ce fait définitif et face à la maladie, à l’inégalité et à l’injustice, qui donne une cohérence à la vie humaine.
Dans cet exposé, il n’y a aucune nécessité logique qui oblige l’être humain à accepter le triomphe de l’absurde, du naturel, sur l’intentionnalité et la liberté.

Thèses (amplification des Principes), approuvées par le 1er Congrès de l´Internationale Humaniste (IH) (Florence, 1989).

Journée internationale de la Non-violence : message de la Communauté pour le développement humain

28.09.2018 – La Comunidad para el Desarrollo Humano

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

Journée internationale de la Non-violence : message de la Communauté pour le développement humain
(Photo SAED/pixabay)

2 Octobre 2018 : Journée internationale de la Non-violence

« Aucun être humain ne naît violent, la violence n’est pas un destin, c’est une intention. L’intention opposée est possible. La méthodologie de la non-violence est le seul moyen valable pour arrêter la violence dans le monde ».

En 2007, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a instauré la journée du 2 octobre, jour de la naissance de Gandhi, comme « Journée internationale de la Non-violence ». Donc, cette année, nous célébrons son onzième anniversaire.

La violence sous toutes les formes imaginables se développe sur la planète. Guerres conventionnelles, territoires occupés, menaces nucléaires (qui pourraient nous mener à une future catastrophe nucléaire), famines, migrations massives, exploitation économique, crise de millions de réfugiés, attaques terroristes, violences dans les écoles, dans les villes, à la maison, etc. Mais aussi il y a la violence à l’intérieur des personnes, et cette violence s’exprime en tant que souffrance interne et est source de destruction. La violence, sous toutes ses formes, est un élément fondamental d’un système individualiste et déshumanisant et sa méthodologie d’action génère toujours plus de violence.

Cependant, en observant les événements de ces dernières années, il est possible d’envisager une solution au problème : la « méthodologie de la non-violence active ».

La non-violence est une nouvelle sensibilité qui commence à s’exprimer dans l’opposition croissante aux différentes formes de violence sur les différents continents et dans les grands et petits groupes humains, et aussi, dans les actions individuelles.

La non-violence est une méthodologie d’action qui entraîne une profonde transformation individuelle et sociale, plaçant l’être humain en tant que valeur centrale.

La non-violence est une force capable de changer la direction violente et inhumaine des événements actuels.

La non-violence cherche à promouvoir une nouvelle attitude interne et externe face à la vie, et ses outils principaux sont:

  • Le changement personnel, le renforcement et le développement interne, et la transformation sociale simultanée.
  • Refuser et ne pas répondre aux différentes formes de discrimination et de violence.
  • La non-collaboration avec les pratiques violentes.
  • La dénonciation de tous les faits de discrimination et de violence.
  • La désobéissance civile face à la violence institutionnalisée.
  • L’organisation et la mobilisation sociale, volontaire et solidaire.
  • Le développement des vertus personnelles et des meilleures et plus profondes aspirations humaines.

La Méthodologie de la non-violence s’est exprimée dans l’Histoire avec des actions actions et des développements dans leur tentative de transformer le monde. Des apports comme ceux réalisés par León Tolstoi, Mahatma Gandhi, Martin Luther King, et plus récemment, par le Guide de la non-violence, fondateur du courant de pensée connu comme le Nouvel Humanisme, Silo.

La Méthodologie de la non-violence s’exprime aussi dans les milliers d’actions communes que des millions de personnes mènent quotidiennement sur toute la planète. Des organisations, des groupes de volontaires et des personnes isolées avec un esprit solidaire tentent de transformer les situations de violence qui existent autour d’eux.

Ce sont des signes de la non-violence, des signes d’une nouvelle spiritualité et d’une nouvelle solidarité. Les signes d’un nouvel horizon personnel et social que nous avons besoin de construire. Ce sont des signes d’une évolution non-violente à laquelle chacun peut participer.

On comprend peu à peu que : « Sans progrès pour tous, il n’y aura de progrès pour personne ».
C’est le moment opportun pour exprimer le message calme et puissant de la non-violence. C´est le moment de grande nécessité dans lequel nous devons exprimer nos meilleures qualités pour construire un avenir non violent.

Le 2 octobre prochain diffusons dans le monde, avec force, le message :
« La Méthodologie de la Non-violence est la seule issue ».

Comment éduquons-nous pour un monde plus humain ?

12.09.2018 – France – COPEHU

Novotnik« …Le monde a changé et les choses ne fonctionnent plus telles qu’elles sont. Ce système ne répond plus aux besoins ni aux aspirations humaines d’aujourd’hui. Et, fondamentalement, il ne répond plus à la sensibilité des nouvelles générations : une sensibilité non-violente, solidaire, spirituelle, horizontale, une sensibilité à revendiquer leurs droits, avec la capacité d’autorégulation et d’autogestion.

Combien de temps allons-nous continuer à éduquer pour un monde qui n’existe plus ? J’aimerais vous inviter à réfléchir, en tant qu’éducateurs, à ce pour quoi nous éduquons et comment nous pouvons redéfinir et redonner sens à notre rôle dans la salle de classe.

Pour nous, le but d’une nouvelle éducation est de « permettre aux nouvelles générations d’exercer une vision plurielle et active de la réalité, afin que leur regard prenne en compte le monde non pas comme une supposée réalité objective, mais comme le moyen par lequel l’être humain applique ses actions, le transformant et l’humanisant ». Pour cette raison, nous comprenons l’éducation non pas comme une simple transmission de données cognitives, mais comme une autonomisation pour un développement cohérent dans le monde.

Et nous arrivons ici à un point essentiel du paradigme que nous présentons : la certitude que tout être humain vient au monde avec une mission irremplaçable et non transférable dans une direction humanisatrice : apprendre sans limites, aimer la réalité que l’on construit et surmonter les facteurs qui génèrent la violence, la douleur et la souffrance, tant chez les individus que chez les peuples.

pour lire le texte complet: https://www.pressenza.com/fr/2018/09/comment-eduquons-nous-pour-un-monde-plus-humain/

Loi proclamant la journée internationale de la non-violence

chapitre J-1.001
LOI PROCLAMANT LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA NON-VIOLENCE
CONSIDÉRANT que les Québécois ont toujours refusé, en conformité avec leurs valeurs, de rester silencieux et inactifs devant la perpétration d’actions violentes et belliqueuses, et ce, tant sur le plan national qu’international;
CONSIDÉRANT qu’en tant que peuple démocratique, il est de notre devoir de promouvoir une tolérance et une non-violence véritables à tous les niveaux, de l’individu à l’État;
CONSIDÉRANT que l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé qu’une Journée internationale de la non-violence serait célébrée chaque année le 2 octobre;
CONSIDÉRANT la volonté des Québécois, maintes fois affirmée à l’Assemblée nationale du Québec, de promouvoir la fin de tous types de violence physique ou psychologique, fondée sur des motifs liés notamment au sexe, à l’orientation sexuelle, à la race, à l’âge, à la religion, aux convictions politiques ou à la condition sociale ou économique;
CONSIDÉRANT la présence au Québec d’une ferme volonté de contribuer, avec les autres membres de la communauté internationale, au message de non-violence, de tolérance et de respect des droits de la personne et de la démocratie;
CONSIDÉRANT que la proclamation et la célébration de la Journée internationale de la non-violence contribueraient à renforcer les idéaux en faveur de la non-violence;
LE PARLEMENT DU QUÉBEC DÉCRÈTE CE QUI SUIT:
1. Le 2 octobre est proclamé Journée internationale de la non-violence.
————————————————————————-
…Alors, qu’est qu’on va faire pour le souligner?
Pour le moment, on vous invite a visionner le discours « Le sens de la paix et de la nonviolence dans le moment présent », prononcé par Silo à Berlin, en 2009, lors du 10ème Sommet des prix Nobel alternatifs de la Paix:

Adieu gauche et droite ; bonjour humanisme et anti-humanisme !

Source: Pressenza. https://www.pressenza.com/fr/2017/11/adieu-gauche-droite-bonjour-humanisme-anti-humanisme/

Le paysage politique actuel est confus, c’est le moins qu’on puisse dire. L’ancien cadre avec la gauche et la droite semble s’effondrer sous nos yeux. Aux États-Unis, la classe ouvrière qui souffre a voté massivement pour un multi-milliardaire qui se consacre à la réduction des impôts pour les riches et à la réduction de la couverture médicale pour les pauvres. Au Royaume-Uni, l’extrême droite a travaillé main dans la main avec l’extrême gauche pour pousser au Brexit un public mal informé sur la base de la xénophobie. En Grèce, la population a mis sa confiance dans l’ « extrême » gauche, mais s’est retrouvée trahie par ses dirigeants apparemment impuissants, et enchaînée à des sanctions budgétaires encore plus cruelles et dégradantes. Le panorama est différent d’un pays à l’autre, mais la confusion entre gauche et droite est endémique.

Alors, qu’est-ce qui caractérise la gauche et la droite ?

C’est là le point ; il n’ y a pas de définition vraiment solide parce que les priorités et les conditions politiques sont différentes d’un endroit à l’autre. Pour certains la droite se caractérise par la croyance dans le dogme économique de la « liberté des marchés », la compétition comme moteur économique, la reconnaissance de l’importance du capital comme générateur de progrès social, la liberté personnelle sans limite, un patriotisme indéfectible, etc. Si on reste dans le même schéma de pensée la gauche croit dans la régulation gouvernementale de l’économie, la coopération comme moteur économique, la reconnaissance de l’importance du travail comme générateur de progrès social, la responsabilité sociale et la solidarité avec les plus faibles, les droits de l’homme, etc.

Il y a beaucoup d’autres thèmes, dont l’immigration, l’avortement, le mariage homosexuel, les armes nucléaires, l’environnement, qui peuvent tous être vus du point de vue de la gauche ou de la droite. Et les politiciens se limitent à définir des programmes basés sur ce qu’un parti pense être un ensemble de propositions qui résonnera le plus fortement auprès de l’électorat à travers le filtre des médias. Ainsi, un parti peut présenter un manifeste avec quelques propositions de gauche, quelques propositions de droite et quelques unes avec un point de vue plus « centriste ». Le résultat est qu’il n’y a donc pratiquement pas de gauche pure et pas de droite pure et en fait comme dans le Brexit, les vues de l’extrême droite résonnent parfois avec les vues de l’extrême gauche.

Le paysage social, culturel et historique

Il faut comprendre que la politique se développe dans un paysage social, culturel et historique, un contexte dans lequel certaines croyances et certains paradigmes ne sont pas remis en question parce qu’ils sont considérés comme évidents et inamovibles. Dans des époques précédentes, ces croyances non contestées comprenaient : le droit divin des rois, la planéité de la Terre, la foi aveugle en Dieu et la croyance que les femmes étaient inférieures aux hommes. Au fil du temps, la plupart de ces idées ont été révisées et de nouveaux paysages se sont installés.

Une partie de notre paysage qui est devenu prédominant au fil des ans, à mesure que le pouvoir financier a pris de plus en plus de contrôle sur nos vies, est la croyance en l’argent comme une entité qui « naturellement » a la capacité de croître du jour au lendemain lorsqu’elle est déposée dans une banque ; l’usure. Ceci n’est pas remis en cause dans la politique d’aujourd’hui. C’est une partie du paysage que nous regardons rarement, comme le bleu du ciel. C’est là, mais on ne le remet pas en question.

À toutes fins utiles, l’argent est devenu la valeur la plus importante dans notre société. Si nous considérons d’autres valeurs telles que le savoir, la santé, la sécurité, la famille ou la liberté, il est clair que l’argent est la valeur la plus importante parce que si vous avez de l’argent, vous pouvez accéder à toutes les autres. Quelles que soient nos valeurs personnelles, la valeur la plus élevée de la société est l’argent, et maintenant l’être humain sous toutes les latitudes se retrouve dans la quête permanente de cet argent.

Mais ce système de valeurs, comme les vêtements que nous portions à l’adolescence, ne nous va plus. Il se déchire aux coutures et n’est plus adapté aux desseins de l’humanité.

Et pour être clair, le problème n’est pas l’argent en soi, parce qu’une monnaie pour l’échange de biens et de services a presque toujours été nécessaire pour faire progresser l’humanité. Ce système permet aux uns de consacrer leur temps à cultiver la nourriture dans les champs avec toute leur passion, tandis que d’autres peuvent consacrer leur temps à pratiquer la chirurgie cardiaque avec autant d’enthousiasme. Ni le chirurgien sans nourriture, ni l’agriculteur atteint d’une maladie cardiaque, ne tiendraient pas longtemps sans l’autre. Non, le problème n’est pas l’argent, ce sont les intérêts accumulés comme par magie qui menacent de détruire notre paysage actuel.

En plus de cette propriété mythique de l’argent de croître spontanément du jour au lendemain, il a été ajouté un concept de « marché », qui a également des propriétés magiques. Le « marché » décide que la Grèce paie des taux d’intérêt dix fois plus élevés que l’Allemagne, par exemple. C’est comme si aucun être humain n’était là pour décider ce qu’un pays doit ou ne doit pas payer ! Au moment où vous avez besoin d’aide pour rembourser un prêt personnel, ou les paiements par carte de crédit, ou la dette nationale de votre pays, la banque arrive et vous fait payer des intérêts encore plus élevés parce qu’elle est animée par un « marché ».

Mais le pouvoir de ces deux composantes apparemment figées de notre paysage, qui semblent avoir été si utiles au développement de la société occidentale jusqu’à présent, à savoir les marchés et l’usure, commencent maintenant à être hors de contrôle et nous détruisent.

Un nouvel axe politique peut émerger

Dans ce contexte et en cette période de crise globale où d’importantes composantes de notre paysage social, culturel et historique commencent à s’effondrer et à se révéler obsolètes, nous devrions prendre un moment pour réévaluer l’axe politique qui a tenté de distinguer soigneusement la gauche et la droite et nous demander s’il reflète réellement nos valeurs profondes.

Si un segment de la société, héritier de facto des propriétaires terriens, des rois et des banquiers d’autrefois, a imposé ses marchés et son usure à la société humaine au point où la société humaine croit qu’ils font partie de la nature – c’est à dire qu’ils ne peuvent pas être changés – alors aujourd’hui, des mouvements politiques comme DiEM25 ont la chance de remettre en question ce qui est naturel et de travailler ensemble avec d’autres pour construire un nouveau paysage basé sur un nouveau système de valeurs.

Humanisme et anti-humanisme

Si dans ce système politique les concepts de droite et de gauche ne sont plus valables parce que la ligne s’est courbée sur elle-même au point que l’extrême-gauche et l’extrême-droite sont capables de se serrer la main et de travailler ensemble, formant ainsi un cercle sur un plan, avec deux axes x et y, sur lequel les différents sujets peuvent être regardés du point de vue de la droite ou de la gauche, alors aujourd’hui les mouvements progressifs ont la possibilité d’avancer sur un troisième axe : l’axe z.

Et quelle est la caractéristique de cet axe z ? Nous pouvons le qualifier d’un côté d’humanisme et de l’autre d’anti-humanisme. Et qu’est-ce que l’humanisme ? C’est mettre la vie humaine comme valeur centrale ; toutes les vies, en tout lieu, pas seulement les vies en occident, toutes les vies.

Ce futur paysage sera caractérisé non seulement par un système économique juste qui permettra des échanges équitables de biens et de services dans le monde entier, mais aussi par le respect de l’environnement et la reconnaissance du fait que nous n’avons qu’une seule planète, et qu’elle doit nous servir pendant des millions de générations supplémentaires d’êtres humains, voire plus. Elle sera caractérisée par des droits humains bien plus profonds que ceux énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme de 1948. Elle sera caractérisée par une éducation et des services de santé de qualité et gratuits. Elle sera caractérisée par la possibilité pour chacun de participer au monde du travail avec des droits, des responsabilités et des opportunités égaux et de recevoir une juste compensation pour les efforts consentis pour améliorer la vie de ceux qui nous entourent. Elle sera caractérisée par la liberté pour chacun de chercher son bonheur là où il le souhaite sans avoir besoin d’un passeport. Elle sera caractérisée par la coopération entre les groupes humains et non par la compétition pour la survie. Finalement, elle sera caractérisée comme Démocratique, les gens participant à des processus réellement démocratiques et pas seulement des processus démocratiques formels comme ceux dans lesquels nous nous faisons aujourd’hui piéger.

Mais plus que tous ces objectifs, l’humanisme qui fera avancer l’humanité se caractérisera par une compréhension croissante du fait que la violence est la cause de la douleur et de la souffrance humaines et que ses formes ne sont pas seulement physiques mais aussi économiques, psychologiques, sexuelles, morales, etc. C’est une sensibilité de plus en plus présente dans les nouvelles générations. De nouveaux mouvements, qu’ils le reconnaissent ou non, s’inscrivent dans une nouvelle sensibilité non-violente qui émerge, et rejettent la violence comme moyen de résolution des conflits.

De cette façon, toutes leurs positions peuvent être vues sous un nouvel angle.

Pourquoi favorisent-ils un nouveau modèle économique ? Parce que le système économique actuel est caractérisé par la violence et crée de la souffrance humaine.

Pourquoi se soucient-ils de la démocratie réelle ? Parce que l’imposition de la volonté d’une minorité sur la grande majorité est de la violence et cause de la souffrance humaine.

Pourquoi se soucient-ils de l’environnement ? Parce que nous n’avons qu’une seule planète pour vivre et que nous devons la faire durer, et la détruire cause de la souffrance humaine, etc.

Ainsi, nous pouvons de même élargir notre vision pour inclure les droits humains, l’éducation, la santé, la défense et la sécurité, et bien d’autres thèmes qui seront nécessaires lorsque les mouvements commenceront à converger vers une nation humaine universelle. Si nous voyons tout sur ce nouvel axe z où la vie humaine est valorisée, cela rend la définition de la politique beaucoup plus claire, parce que nous rejetons immédiatement toute politique qui signifie que la violence de certains est imposée à d’autres. Par nécessité, cela signifie aussi que nous regardons au-delà de nos propres frontières et que nous cherchons non seulement à promouvoir la démocratie en Europe, par exemple, mais une démocratie planétaire qui diffuse les mêmes valeurs humanistes vers tous les autres peuples du monde.

Ainsi, nous pouvons voir que de nouveaux mouvements politiques évoluent sur l’axe z avec de nombreuses autres organisations et des réseaux qui vont dans la même direction et travaillent dans des domaines différents : campagnes environnementales, campagnes anti-guerre, campagnes de soutien aux réfugiés, droits des femmes, droits des LGBT, campagnes anti-pauvreté, et bien d’autres, tous se déplacent dans cette nouvelle direction parce qu’ils ressentent tous que les êtres humains sont terriblement mal traités et souffrent des effets de la violence sous ses diverses formes dans un système qui ne les valorise pas.

Et tous ces mouvements sont des expressions de l’humanisme et sont l’essence même de cette règle d’or telle qu’elle est apparue dans d’innombrables cultures, religions et moments historiques, dans les moments où la vie humaine était valorisée : traite les autres comme tu voudrais être traité.

Ainsi. une nouvelle sensibilité apparaît et elle commence à redessiner le paysage dans plusieurs domaines intéressants, et si il s’agit de transformer réellement le paysage politique, les mouvements centrés sur un thème particulier devront tendre la main à d’autres mouvements qui vont dans le même sens mais travaillent dans des champs différents.

Et dans cette coopération et cette collaboration, dans cette convergence de la diversité, la question ne sera plus de savoir si vous êtes de gauche ou de droite ; la question sera alors : êtes-vous humaniste ou anti-humaniste ?

Traduit de l’anglais par Jean-Marc Dunet

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Hommage à Silo : Sa pensée et son œuvre

Pressenza rend un hommage à Silo, 49 ans après son premier discours public (4 mai 1969) avec la retranscription du texte présenté par Jorge Pompei à la Casa Mendoza, à Buenos Aires, ce 4 mai 2018 :

Nous essaierons dans quelques minutes de donner un aperçu de la pensée de Silo exprimée à travers ses livres, ses conférences, ses interviews et discussions qu’il a inlassablement offerts pendant plus de 50 ans.

Sa production est vaste et traite en profondeur des grands thèmes de l’existence humaine, donnant une nouvelle perspective de l’être humain et du sens de sa vie.

Ainsi, rien d’important n’a cessé de faire l’objet de ses réflexions, de sorte que son travail est impliqué dans des sujets nombreux et variés liés par la cohérence la plus rigoureuse. Avec eux, on peut voyager à travers les fondements philosophiques de sa pensée, de sa vision de l’être humain, de la société, de l’histoire et de la projection spirituelle de l’existence.

Simultanément, il a développé un système complet de pratiques de travail personnel qui facilitent à l’intéressé la compréhension et l’amélioration de son fonctionnement et de ses conduites. Cette amélioration vise à normaliser l’état de veille, à acquérir une attitude attentive, une cohérence interne (penser, sentir et agir dans la même direction) et à développer une conduite dans un sens solidaire.

Dans ce domaine il a aussi développé un système complet de travail qui, encadré dans une Psychologie Transcendantale et organisé en quatre disciplines, conduit l’opérateur, par étapes successives, à prendre contact avec les espaces profonds de sa conscience.

Dans le domaine social, il a inspiré et favorisé la formation d’organisations d’action dans le monde, qui font partie du Mouvement Humaniste et sont axées sur la recherche de nouvelles réponses aux problèmes de la violence, de la discrimination et de la disparité des opportunités dans la société actuelle. C’est ainsi que, la Communauté pour le Développement Humain, le Parti Humaniste, Monde sans Guerres, la Convergence des Cultures, le Centre d’Études Humanistes et d’innombrables fronts d’action ont vu le jour.

Tout cela en plaçant au départ l’être humain comme valeur et préoccupation centrale, en vue de la construction d’une Nation Humaine Universelle, prenant l’axe de la « Nonviolence Active » comme une méthodologie de transformation sociale.

Enfin, à travers Le Message de Silo il a développé, de manière simple, un ensemble de textes, de réflexions et de cérémonies qui guident l’expérience de la spiritualité humaine en transcendant les cultures et les croyances particulières.

Comme on peut le voir, les thèmes développés sont larges et variés, permettant aux personnes intéressées de prendre contact avec les différents groupes qui œuvrent au sein de chacune des thématiques susmentionnées.

Étant donné le temps imparti pour cette présentation, nous n’allons pas faire ici un commentaire sur chacun de ses livres, qui sont à la disposition du lecteur sur le web ou dans les librairies, mais nous nous limiterons à commenter certains aspects de sa pensée qu’il a exprimés dans des ouvrages, des écrits et des exposés.

Ce large éventail de sources a fait apparaître, au Centre d’études humanistes, la nécessité d’organiser en différents domaines l’étude de ses propositions, dans le but d’en faciliter l’approche à ceux qui veulent aborder la connaissance de sa pensée et de ses préceptes.

Pour ce faire, nous avons divisé son travail en trois parties.

L’une se réfère aux bases philosophiques de sa pensée, une autre concerne l’être humain en tant que structure psychosociale en changement permanent, et une troisième où l’on étudie la possibilité de transcendance de la conscience habituelle, et l’expérience de contact avec les espaces profonds de la conscience humaine.

Commençons par les fondements philosophiques de ses propositions

La première chose que Silo définit est sa position existentielle, expliquant que sa doctrine n’a pas pour origine des idées ou des théories, mais dans l’expérience interne elle-même.

C’est à partir de ce point de vue existentiel que Silo prend l’expérience comme base de tous ses développements, affirmant que pour étudier n’importe quel phénomène il faut considérer qu’avant l’étude l’opérateur se trouve dans une situation donnée.

En ce sens, son point de vue privilégie une conception depuis l’intérieur du phénomène lorsqu’il s’agit d’étudier le phénomène humain.

Les thèmes centraux de la philosophie se réfèrent à l’ontologie, à la connaissance et à l’éthique.

En ce qui concerne l’ontologie, Silo soutient que l’Être de la philosophie classique est une abstraction et que ce qui est expérimentable c’est la structure conscience-monde, en transformation permanente, impulsée par la dynamique des actes de conscience.

Par rapport à la connaissance, il fera une étude soignée et approfondie de la pensée, en ne partant pas d’une théorie de la connaissance mais de l’observation des mécanismes de la pensée. Ceux-ci sont présentés comme un enchaînement de différenciations, de complémentations et de synthèses, qui permettent à la conscience humaine des compréhensions croissantes dans un processus sans limites.

C’est à partir de cette compréhension du fonctionnement de la pensée qu’il a mis au point une méthode structurelle et dynamique facilitant le savoir et l’action, en développant la cohérence de la pensée.

En ce qui concerne l’éthique, entendue comme ensemble de valeurs qui pondèrent la conduite et en opposition à une morale externe et conventionnelle, il affirme que la valeur de l’action ne se trouve pas dans l’accord avec les règles externes mais dans le registre interne d’unité ou de contradiction produit par qui le produit. Il souligne que les actions qui sont vécues comme valables ont pour caractéristique de produire un relâchement des tensions lorsqu’elles sont réalisées, qu’elles cherchent à être répétées et qu’elles génèrent une sensation de croissance intérieure. Enfin, et en tant que guide, il pose les Principes d’actions valables qui donnent une orientation à la conduite dans un sens évolutif, en posant comme principe fondamental celui qui affirme: « Traite les autres comme tu veux être traité ».

Passons maintenant à son idée de l’être humain

Loin de le considérer comme un animal rationnel et sans nier son sillage biologique, il définit l’être humain par l’intentionnalité de sa conscience, active et ouverte sur le monde. Ainsi, il définira l’être humain comme l’être historique dont le mode d’action social modifie sa propre nature. Il développe une psychologie descriptive pour son étude qui ne repose pas sur l’interprétation de phénomènes psychiques, mais sur le développement de la capacité d’observation et de description de l’opérateur de ses processus internes. Comme support, il met en place un schéma du psychisme semblable à un circuit informatique, qui sert de base pour expliquer la production des phénomènes internes à partir de l’étude du fonctionnement et de la relation des dispositifs du psychisme. Ces dispositifs sont les sens internes, les sens externes, la mémoire et les centres de réponse (moteur, émotif et intellectuel), en médiation avec un coordinateur (la conscience) qui fonctionne selon les niveaux de sommeil, de demi-sommeil et de veille.

Il développe également le concept d’espace de représentation comme spatialité interne où sont localisées les sensations des phénomènes de perception, de mémoire et d’imagination, qui expliquent comment, selon le niveau de travail de la conscience, les images se situent dans un lieu d’où peuvent se déclencher des actions par le biais des centres de réponse, en s’ouvrant sur le monde à travers de la conduite.

Idée remarquable selon laquelle tout cela fonctionne par l’action d’une énergie psychophysique qui, lorsqu’elle ne circule pas correctement, apporte avec elle différents types d’altérations. Ces situations demandent à être résolues au travers de pratiques accompagnées d’images et en travaillant avec cette énergie pour essayer de rétablir le flux normal.

Toute cette connaissance vise à réaliser dans la personne, le dépassement des contradictions et un niveau psychologique de veille attentive, lucide et critique qui permette de développer une conduite cohérente dans l’environnement dans lequel elle doit agir.

D’autre part, l’être humain est intention et il n’est pas isolé mais en lien avec d’autres êtres humains porteurs eux aussi d’intention, de sorte que la société apparaît comme un espace de relation des intentions humaines.

Selon ces intentions, les relations seront de destruction, de domination, de coopération ou d’intégration, en considérant cette dernière comme étant celle qui correspond à une société humaine où pas un être humain n’est situé au-dessus ou au-dessous d’un autre.

Concernant l’histoire humaine, Silo ne la considère pas comme une histoire vue de l’extérieur où les actions des hommes apparaissent comme les scènes d’un film, mais il met en évidence la temporalité comme un lieu intérieur, considérant l’intentionnalité humaine dans sa tentative permanente de surmonter les conditions originelles et de se libérer progressivement de la douleur et de la souffrance personnelles et sociales, avec l’image d’une Nation Humaine Universelle, objectif de référence pour guider les actions.

Pour terminer, parlons de sa vision de la spiritualité

Il y a un tropisme dans l’être humain qui va au-delà de la simple réponse à l’adaptation à l’environnement. N’importe qui pourrait donner des réponses correctes aux changements de l’environnement dans lequel il se trouve, en maintenant l’intégrité de sa structure et cela, qui serait suffisant pour tout organisme vivant, ne l’est pas dans le cas de l’humain.

L’être humain a aussi besoin d’un sens qui dépasse ce qui est strictement psychologique. La conscience peut comprendre et intégrer de plus en plus les situations dans lesquelles elle se trouve, mais projetée dans le futur, elle se heurte à l’évidence de la mort et c’est précisément le besoin de surmonter cette dernière barrière qui la conduit à chercher des chemins pour la transcender.

Il y a un sentiment religieux qui, en tant que tropisme fort, cherche à surmonter le non-sens que la mort impose. « La vie n’a pas de sens si tout se termine avec la mort. »

Ce fait conduit à proposer différentes voies qui, organisées en disciplines, conduisent l’opérateur sur la voie pour suspendre le moi psychologique et entrer en contact avec les espaces profonds de la conscience, où le problème du non-sens se résout et où les ultimes réponses sont trouvées.

Nous avons résumé les aspects que nous considérons comme les plus pertinents de son enseignement, en laissant de côté de nombreux autres, également importants, mais qui nous auraient fait dépasser les limites de cette présentation.

https://www.pressenza.com/fr/2018/06/hommage-a-silo-pensee-oeuvre/

 

Beijing organisera le Congrès mondial de philosophie en 2018

Publié le 2017-08-15 à 22:38 | french.xinhuanet.com

BEIJING, 15 août (Xinhua) — Le 24e Congrès mondial de philosophie, qui a pour thème « Apprendre à être humain », se tiendra du 13 au 20 août 2018 à Beijing.

C’est la première fois que le congrès sera organisé en Chine.

Selon le programme, seront organisés lors de l’événement cinq sessions plénières, dix symposiums et 99 sessions en groupe pour des philosophes venant des quatre coins du monde pour discuter des sujets émergents à l’échelle internationale.

Dermot Moran, président de la Fédération internationale des sociétés de philosophie (FISP), a déclaré récemment à l’Université de Pékin, que le congrès avait une grande importance dans le développement de la philosophie internationale.

« Nous voulons que les philosophes permettent aux hommes de réfléchir sur eux-mêmes, la communauté, la nature, l’esprit et la tradition avec leur sagesse », a expliqué Lin Jianhua, président de l’Université de Pékin, et également président du Comité chinois d’organisation du 24e congrès.

Le Congrès mondial de philosophie, une rencontre internationale de haut niveau dans le domaine de la philosophie, est organisé par la FISP depuis 1900.

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En tant que Centre mondial d’études humanistes, nous avons proposé une conférence au «24ème Congrès mondial de la philosophie – Apprendre à être humain» qui se tiendra à Beijing du 13 au 20 août 2018.
L’intervention «La révolution comme moyen d’être pleinement humain», écrite par Vito Correddu, a été acceptée et incluse dans la section 26: «Humanisme et post-humanisme».
Nous voulons partager avec tout le monde cette bonne nouvelle et cette belle opportunité.
Ce sera une excellente occasion de présenter notre point de vue dans un contexte prestigieux du système et de connaître et de créer des relations avec d’autres philosophes et savants.
Plus de 6000 participants sont attendus du monde entier.

Pour cette raison, faisons circuler cet appel un peu particulier: une demande d’aide. Ce n’est pas une question d’argent mais de soutien opérationnel.
Nous demandons, en d’autres termes, à ceux qui peuvent, pour nous aider à créer une délégation internationale humaniste qui peut être présent à Pékin lors du Congrès de la philosophie et de soutenir Vito en relation de travail avec d’autres chercheurs dans cet événement important .

Cet appel est destiné en premier lieu aux membres des centres d’études Humanistes, mais il serait tout aussi important et utile la présence d’amis de différentes expressions de l’Humanisme Universaliste, en particulier de ceux qui ont une connaissance du monde chinois et /ou la philosophie du monde, ainsi que qui a un goût et une vocation pour établir des relations. Il sera essentiel de connaître plus de langues, notamment l’anglais.
L’admission au Congrès a un coût que nous ne pouvons pas éviter 250USD par personne. On pourra descendre à 100 USD si les personnes concernées accompagnent Vito Correddu.

Qui a l’opportunité de voyager et le désir de participer à cette délégation, est invité à nous contacter dès que possible!

Aidez-nous en faisant circuler ce courrier.

Un gros câlin
Centre Mondial d’Etudes Humanistes

http://www.cmehumanistas.org

 

Déclaration pour la Bonne connaissance

En chemin vers la liberté

Depuis la nuit des temps, l’humanité évolue en cherchant à atteindre une vie meilleure. Malgré les progrès, le pouvoir et la force économique et technologique sont aujourd’hui utilisés pour assassiner, appauvrir et opprimer des vastes régions du monde, en détruisant entre autres le futur des nouvelles générations et l’équilibre général de la vie sur la planète.
Néanmoins, tandis que l’aspiration pour un monde plus juste et plus humain semble s’éloigner de jour en jour, une nouvelle sensibilité naît peu à peu. Cette dernière voit la crise comme une période de changement et de possibilité, en proposant de nouvelles formes et conduites qui remplacent les structures caduques qui ne servent plus de référence.  De plus en plus, ces nouvelles attitudes qui cherchent à dépasser les anciennes, trouvent leur chemin dans le cœur des personnes ; mais à l’extérieur dans la société, elles n’arrivent pas encore à façonner un monde nouveau.
Afin que l’Être Humain puisse continuer son évolution vers la liberté et augmenter ainsi son bonheur personnel et social, il est nécessaire que la Bonne connaissance grandisse et s’affirme.

La Bonne connaissance libère                                                                

La Bonne connaissance est née dès le début de l’Histoire humaine pour répondre aux carences de l’espèce. Son orientation implique le changement des conditions étant donné la douleur et la souffrance qu’elles provoquent. La Bonne connaissance montre clairement son intention de se rebeller contre l’absurdité de la mort, en allant bien au-delà des limites imposées par l’apparence d’un statut naturel définitif et inamovible. Toute cette recherche vers le dépassement de supposés déterminismes contraires a pour objectif d’accroître la liberté humaine.

La Bonne connaissance partage

Les progrès dans la connaissance sont le fruit de l’accumulation des intentions humaines. Ils sont la propriété de l’espèce humaine dans son ensemble. L’accès à l’utilisation de la connaissance ne peut donc être soumis à aucun conditionnement. La Bonne connaissance refuse toute tentative de monopole ou de restriction à l’accès de la connaissance pour améliorer la vie humaine. Elle déclare également la nullité de l’appropriation perpétrée par n’importe quelle minorité sur elle, en dénonçant avec force les intentions d’exclusion des groupes de pouvoir. En outre, ces groupes ne prétendent pas seulement dominer le monde matériel mais tentent aussi de contrôler la subjectivité humaine à travers l’appropriation des moyens de diffusion, en répandant des valeurs et des modèles violents ainsi qu’en manipulant l’information et étouffant toute tentative de changement.
La Bonne connaissance proclame la propriété commune et ouverte sur la Science, la Technologie et le Savoir, tout en favorisant la collaboration et le travail collectif pour le bien-être de l’Humanité entière.

La Bonne connaissance mène à la justice et à la réconciliation

La Bonne connaissance s’oppose à tout type de violence, qu’elle soit physique, économique, raciale, religieuse, psychologique, morale ou de n’importe quel autre type. Pour cette raison, elle lutte contre l’injustice et aspire à un monde d’égalité des droits et de réelles opportunités pour tous.
Tout comme la violence s’enracine dans la négation de ce qui est humain, ainsi la Bonne connaissance affirme l’attitude de compassion, fruit de la reconnaissance de l’humanité de l’autre comme inhérente à la sienne. De cette manière, la Bonne connaissance proclame comme point de départ de toute conduite valable et comme axe moral indubitable, le principe qui dit : « Lorsque tu traites les autres comme tu veux qu’ils te traitent, tu te libères ».
En même temps, elle exprime la nécessité de dépasser la vengeance, qu’elle soit évidente ou cachée, comme une forme de purification du passé, en proposant d’assumer une attitude consciente de réconciliation personnelle et sociale.

La Bonne connaissance rend fraternel

Comme l’espèce s’est de plus en plus adaptée face à son environnement, par la diversification de ses tactiques d’évolution, les peuples ont pu ainsi élargir leur connaissance en exploitant différents points de vue. La prétention d’uniformiser une seule voie vers la connaissance est le produit du diktat violent d’un seul modèle culturel. La Bonne connaissance pousse à l’enrichissement mutuel, ce qui suppose la multiplication et l’échange de différents savoirs, en célébrant la fraternité qui mène à la reconnaissance de la participation de chaque peuple.

La Bonne connaissance inspire

Depuis toujours, l’être humain a cherché à donner un sens grandissant à sa vie. Ceci l’a conduit non seulement à explorer ce qui l’entoure, mais aussi à approfondir en son intérieur. Ainsi, la Bonne connaissance amène également à dévoiler le sacré, par la recherche des phénomènes se présentant dans la conscience comme des intuitions inspirées venant du plus profond de soi.
Tout comme la science a été un facteur clé dans l’expansion des possibilités humaines, la spiritualité contribue également à la croissance de la vie pour se libérer de la superstition et du dogme, en montrant des chemins vers l’immortalité. De cette manière, la Bonne connaissance affirme le dépassement des oppositions naïves, intégrant le terrestre et l’éternel, le plaisir et la vertu, le matériel et l’énergétique, en complétant le phénoménal vers l’unité.
La Bonne connaissance pousse à aller au-delà des préjudices acceptés comme vérités absolues, en favorisant le changement vers un avenir toujours nouveau et illimité.

La Bonne connaissance humanise

La Bonne connaissance répand l’attitude de nonviolence active comme méthode pour surmonter l’immoralité de ceux qui veulent utiliser le savoir pour immobiliser, contrôler ou détruire la vie humaine.
Elle propose une transformation à la fois sociale et personnelle pour rendre impuissant tout facteur régressif et placer la vie humaine dans sa dimension existentielle, en permettant à chaque Être Humain de se poser librement la question sur le sens de sa vie.
En synthèse, la Bonne connaissance proclame la magnifique perspective et la nécessité de faire de l’Humanisation du monde un projet partagé. L’image d’une Nation Humaine Universelle résume les meilleures intentions de l’Être Humain en route vers le bonheur, la compassion, la liberté et l’immortalité.

Traduction de l’italien par Ségolène Jaillet 

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