Skip to content

Hommage à Silo : Sa pensée et son œuvre

Pressenza rend un hommage à Silo, 49 ans après son premier discours public (4 mai 1969) avec la retranscription du texte présenté par Jorge Pompei à la Casa Mendoza, à Buenos Aires, ce 4 mai 2018 :

Nous essaierons dans quelques minutes de donner un aperçu de la pensée de Silo exprimée à travers ses livres, ses conférences, ses interviews et discussions qu’il a inlassablement offerts pendant plus de 50 ans.

Sa production est vaste et traite en profondeur des grands thèmes de l’existence humaine, donnant une nouvelle perspective de l’être humain et du sens de sa vie.

Ainsi, rien d’important n’a cessé de faire l’objet de ses réflexions, de sorte que son travail est impliqué dans des sujets nombreux et variés liés par la cohérence la plus rigoureuse. Avec eux, on peut voyager à travers les fondements philosophiques de sa pensée, de sa vision de l’être humain, de la société, de l’histoire et de la projection spirituelle de l’existence.

Simultanément, il a développé un système complet de pratiques de travail personnel qui facilitent à l’intéressé la compréhension et l’amélioration de son fonctionnement et de ses conduites. Cette amélioration vise à normaliser l’état de veille, à acquérir une attitude attentive, une cohérence interne (penser, sentir et agir dans la même direction) et à développer une conduite dans un sens solidaire.

Dans ce domaine il a aussi développé un système complet de travail qui, encadré dans une Psychologie Transcendantale et organisé en quatre disciplines, conduit l’opérateur, par étapes successives, à prendre contact avec les espaces profonds de sa conscience.

Dans le domaine social, il a inspiré et favorisé la formation d’organisations d’action dans le monde, qui font partie du Mouvement Humaniste et sont axées sur la recherche de nouvelles réponses aux problèmes de la violence, de la discrimination et de la disparité des opportunités dans la société actuelle. C’est ainsi que, la Communauté pour le Développement Humain, le Parti Humaniste, Monde sans Guerres, la Convergence des Cultures, le Centre d’Études Humanistes et d’innombrables fronts d’action ont vu le jour.

Tout cela en plaçant au départ l’être humain comme valeur et préoccupation centrale, en vue de la construction d’une Nation Humaine Universelle, prenant l’axe de la « Nonviolence Active » comme une méthodologie de transformation sociale.

Enfin, à travers Le Message de Silo il a développé, de manière simple, un ensemble de textes, de réflexions et de cérémonies qui guident l’expérience de la spiritualité humaine en transcendant les cultures et les croyances particulières.

Comme on peut le voir, les thèmes développés sont larges et variés, permettant aux personnes intéressées de prendre contact avec les différents groupes qui œuvrent au sein de chacune des thématiques susmentionnées.

Étant donné le temps imparti pour cette présentation, nous n’allons pas faire ici un commentaire sur chacun de ses livres, qui sont à la disposition du lecteur sur le web ou dans les librairies, mais nous nous limiterons à commenter certains aspects de sa pensée qu’il a exprimés dans des ouvrages, des écrits et des exposés.

Ce large éventail de sources a fait apparaître, au Centre d’études humanistes, la nécessité d’organiser en différents domaines l’étude de ses propositions, dans le but d’en faciliter l’approche à ceux qui veulent aborder la connaissance de sa pensée et de ses préceptes.

Pour ce faire, nous avons divisé son travail en trois parties.

L’une se réfère aux bases philosophiques de sa pensée, une autre concerne l’être humain en tant que structure psychosociale en changement permanent, et une troisième où l’on étudie la possibilité de transcendance de la conscience habituelle, et l’expérience de contact avec les espaces profonds de la conscience humaine.

Commençons par les fondements philosophiques de ses propositions

La première chose que Silo définit est sa position existentielle, expliquant que sa doctrine n’a pas pour origine des idées ou des théories, mais dans l’expérience interne elle-même.

C’est à partir de ce point de vue existentiel que Silo prend l’expérience comme base de tous ses développements, affirmant que pour étudier n’importe quel phénomène il faut considérer qu’avant l’étude l’opérateur se trouve dans une situation donnée.

En ce sens, son point de vue privilégie une conception depuis l’intérieur du phénomène lorsqu’il s’agit d’étudier le phénomène humain.

Les thèmes centraux de la philosophie se réfèrent à l’ontologie, à la connaissance et à l’éthique.

En ce qui concerne l’ontologie, Silo soutient que l’Être de la philosophie classique est une abstraction et que ce qui est expérimentable c’est la structure conscience-monde, en transformation permanente, impulsée par la dynamique des actes de conscience.

Par rapport à la connaissance, il fera une étude soignée et approfondie de la pensée, en ne partant pas d’une théorie de la connaissance mais de l’observation des mécanismes de la pensée. Ceux-ci sont présentés comme un enchaînement de différenciations, de complémentations et de synthèses, qui permettent à la conscience humaine des compréhensions croissantes dans un processus sans limites.

C’est à partir de cette compréhension du fonctionnement de la pensée qu’il a mis au point une méthode structurelle et dynamique facilitant le savoir et l’action, en développant la cohérence de la pensée.

En ce qui concerne l’éthique, entendue comme ensemble de valeurs qui pondèrent la conduite et en opposition à une morale externe et conventionnelle, il affirme que la valeur de l’action ne se trouve pas dans l’accord avec les règles externes mais dans le registre interne d’unité ou de contradiction produit par qui le produit. Il souligne que les actions qui sont vécues comme valables ont pour caractéristique de produire un relâchement des tensions lorsqu’elles sont réalisées, qu’elles cherchent à être répétées et qu’elles génèrent une sensation de croissance intérieure. Enfin, et en tant que guide, il pose les Principes d’actions valables qui donnent une orientation à la conduite dans un sens évolutif, en posant comme principe fondamental celui qui affirme: « Traite les autres comme tu veux être traité ».

Passons maintenant à son idée de l’être humain

Loin de le considérer comme un animal rationnel et sans nier son sillage biologique, il définit l’être humain par l’intentionnalité de sa conscience, active et ouverte sur le monde. Ainsi, il définira l’être humain comme l’être historique dont le mode d’action social modifie sa propre nature. Il développe une psychologie descriptive pour son étude qui ne repose pas sur l’interprétation de phénomènes psychiques, mais sur le développement de la capacité d’observation et de description de l’opérateur de ses processus internes. Comme support, il met en place un schéma du psychisme semblable à un circuit informatique, qui sert de base pour expliquer la production des phénomènes internes à partir de l’étude du fonctionnement et de la relation des dispositifs du psychisme. Ces dispositifs sont les sens internes, les sens externes, la mémoire et les centres de réponse (moteur, émotif et intellectuel), en médiation avec un coordinateur (la conscience) qui fonctionne selon les niveaux de sommeil, de demi-sommeil et de veille.

Il développe également le concept d’espace de représentation comme spatialité interne où sont localisées les sensations des phénomènes de perception, de mémoire et d’imagination, qui expliquent comment, selon le niveau de travail de la conscience, les images se situent dans un lieu d’où peuvent se déclencher des actions par le biais des centres de réponse, en s’ouvrant sur le monde à travers de la conduite.

Idée remarquable selon laquelle tout cela fonctionne par l’action d’une énergie psychophysique qui, lorsqu’elle ne circule pas correctement, apporte avec elle différents types d’altérations. Ces situations demandent à être résolues au travers de pratiques accompagnées d’images et en travaillant avec cette énergie pour essayer de rétablir le flux normal.

Toute cette connaissance vise à réaliser dans la personne, le dépassement des contradictions et un niveau psychologique de veille attentive, lucide et critique qui permette de développer une conduite cohérente dans l’environnement dans lequel elle doit agir.

D’autre part, l’être humain est intention et il n’est pas isolé mais en lien avec d’autres êtres humains porteurs eux aussi d’intention, de sorte que la société apparaît comme un espace de relation des intentions humaines.

Selon ces intentions, les relations seront de destruction, de domination, de coopération ou d’intégration, en considérant cette dernière comme étant celle qui correspond à une société humaine où pas un être humain n’est situé au-dessus ou au-dessous d’un autre.

Concernant l’histoire humaine, Silo ne la considère pas comme une histoire vue de l’extérieur où les actions des hommes apparaissent comme les scènes d’un film, mais il met en évidence la temporalité comme un lieu intérieur, considérant l’intentionnalité humaine dans sa tentative permanente de surmonter les conditions originelles et de se libérer progressivement de la douleur et de la souffrance personnelles et sociales, avec l’image d’une Nation Humaine Universelle, objectif de référence pour guider les actions.

Pour terminer, parlons de sa vision de la spiritualité

Il y a un tropisme dans l’être humain qui va au-delà de la simple réponse à l’adaptation à l’environnement. N’importe qui pourrait donner des réponses correctes aux changements de l’environnement dans lequel il se trouve, en maintenant l’intégrité de sa structure et cela, qui serait suffisant pour tout organisme vivant, ne l’est pas dans le cas de l’humain.

L’être humain a aussi besoin d’un sens qui dépasse ce qui est strictement psychologique. La conscience peut comprendre et intégrer de plus en plus les situations dans lesquelles elle se trouve, mais projetée dans le futur, elle se heurte à l’évidence de la mort et c’est précisément le besoin de surmonter cette dernière barrière qui la conduit à chercher des chemins pour la transcender.

Il y a un sentiment religieux qui, en tant que tropisme fort, cherche à surmonter le non-sens que la mort impose. « La vie n’a pas de sens si tout se termine avec la mort. »

Ce fait conduit à proposer différentes voies qui, organisées en disciplines, conduisent l’opérateur sur la voie pour suspendre le moi psychologique et entrer en contact avec les espaces profonds de la conscience, où le problème du non-sens se résout et où les ultimes réponses sont trouvées.

Nous avons résumé les aspects que nous considérons comme les plus pertinents de son enseignement, en laissant de côté de nombreux autres, également importants, mais qui nous auraient fait dépasser les limites de cette présentation.

https://www.pressenza.com/fr/2018/06/hommage-a-silo-pensee-oeuvre/

 

Publicités

Beijing organisera le Congrès mondial de philosophie en 2018

Publié le 2017-08-15 à 22:38 | french.xinhuanet.com

BEIJING, 15 août (Xinhua) — Le 24e Congrès mondial de philosophie, qui a pour thème « Apprendre à être humain », se tiendra du 13 au 20 août 2018 à Beijing.

C’est la première fois que le congrès sera organisé en Chine.

Selon le programme, seront organisés lors de l’événement cinq sessions plénières, dix symposiums et 99 sessions en groupe pour des philosophes venant des quatre coins du monde pour discuter des sujets émergents à l’échelle internationale.

Dermot Moran, président de la Fédération internationale des sociétés de philosophie (FISP), a déclaré récemment à l’Université de Pékin, que le congrès avait une grande importance dans le développement de la philosophie internationale.

« Nous voulons que les philosophes permettent aux hommes de réfléchir sur eux-mêmes, la communauté, la nature, l’esprit et la tradition avec leur sagesse », a expliqué Lin Jianhua, président de l’Université de Pékin, et également président du Comité chinois d’organisation du 24e congrès.

Le Congrès mondial de philosophie, une rencontre internationale de haut niveau dans le domaine de la philosophie, est organisé par la FISP depuis 1900.

==================

En tant que Centre mondial d’études humanistes, nous avons proposé une conférence au «24ème Congrès mondial de la philosophie – Apprendre à être humain» qui se tiendra à Beijing du 13 au 20 août 2018.
L’intervention «La révolution comme moyen d’être pleinement humain», écrite par Vito Correddu, a été acceptée et incluse dans la section 26: «Humanisme et post-humanisme».
Nous voulons partager avec tout le monde cette bonne nouvelle et cette belle opportunité.
Ce sera une excellente occasion de présenter notre point de vue dans un contexte prestigieux du système et de connaître et de créer des relations avec d’autres philosophes et savants.
Plus de 6000 participants sont attendus du monde entier.

Pour cette raison, faisons circuler cet appel un peu particulier: une demande d’aide. Ce n’est pas une question d’argent mais de soutien opérationnel.
Nous demandons, en d’autres termes, à ceux qui peuvent, pour nous aider à créer une délégation internationale humaniste qui peut être présent à Pékin lors du Congrès de la philosophie et de soutenir Vito en relation de travail avec d’autres chercheurs dans cet événement important .

Cet appel est destiné en premier lieu aux membres des centres d’études Humanistes, mais il serait tout aussi important et utile la présence d’amis de différentes expressions de l’Humanisme Universaliste, en particulier de ceux qui ont une connaissance du monde chinois et /ou la philosophie du monde, ainsi que qui a un goût et une vocation pour établir des relations. Il sera essentiel de connaître plus de langues, notamment l’anglais.
L’admission au Congrès a un coût que nous ne pouvons pas éviter 250USD par personne. On pourra descendre à 100 USD si les personnes concernées accompagnent Vito Correddu.

Qui a l’opportunité de voyager et le désir de participer à cette délégation, est invité à nous contacter dès que possible!

Aidez-nous en faisant circuler ce courrier.

Un gros câlin
Centre Mondial d’Etudes Humanistes

http://www.cmehumanistas.org

 

Déclaration pour la Bonne connaissance

En chemin vers la liberté

Depuis la nuit des temps, l’humanité évolue en cherchant à atteindre une vie meilleure. Malgré les progrès, le pouvoir et la force économique et technologique sont aujourd’hui utilisés pour assassiner, appauvrir et opprimer des vastes régions du monde, en détruisant entre autres le futur des nouvelles générations et l’équilibre général de la vie sur la planète.
Néanmoins, tandis que l’aspiration pour un monde plus juste et plus humain semble s’éloigner de jour en jour, une nouvelle sensibilité naît peu à peu. Cette dernière voit la crise comme une période de changement et de possibilité, en proposant de nouvelles formes et conduites qui remplacent les structures caduques qui ne servent plus de référence.  De plus en plus, ces nouvelles attitudes qui cherchent à dépasser les anciennes, trouvent leur chemin dans le cœur des personnes ; mais à l’extérieur dans la société, elles n’arrivent pas encore à façonner un monde nouveau.
Afin que l’Être Humain puisse continuer son évolution vers la liberté et augmenter ainsi son bonheur personnel et social, il est nécessaire que la Bonne connaissance grandisse et s’affirme.

La Bonne connaissance libère                                                                

La Bonne connaissance est née dès le début de l’Histoire humaine pour répondre aux carences de l’espèce. Son orientation implique le changement des conditions étant donné la douleur et la souffrance qu’elles provoquent. La Bonne connaissance montre clairement son intention de se rebeller contre l’absurdité de la mort, en allant bien au-delà des limites imposées par l’apparence d’un statut naturel définitif et inamovible. Toute cette recherche vers le dépassement de supposés déterminismes contraires a pour objectif d’accroître la liberté humaine.

La Bonne connaissance partage

Les progrès dans la connaissance sont le fruit de l’accumulation des intentions humaines. Ils sont la propriété de l’espèce humaine dans son ensemble. L’accès à l’utilisation de la connaissance ne peut donc être soumis à aucun conditionnement. La Bonne connaissance refuse toute tentative de monopole ou de restriction à l’accès de la connaissance pour améliorer la vie humaine. Elle déclare également la nullité de l’appropriation perpétrée par n’importe quelle minorité sur elle, en dénonçant avec force les intentions d’exclusion des groupes de pouvoir. En outre, ces groupes ne prétendent pas seulement dominer le monde matériel mais tentent aussi de contrôler la subjectivité humaine à travers l’appropriation des moyens de diffusion, en répandant des valeurs et des modèles violents ainsi qu’en manipulant l’information et étouffant toute tentative de changement.
La Bonne connaissance proclame la propriété commune et ouverte sur la Science, la Technologie et le Savoir, tout en favorisant la collaboration et le travail collectif pour le bien-être de l’Humanité entière.

La Bonne connaissance mène à la justice et à la réconciliation

La Bonne connaissance s’oppose à tout type de violence, qu’elle soit physique, économique, raciale, religieuse, psychologique, morale ou de n’importe quel autre type. Pour cette raison, elle lutte contre l’injustice et aspire à un monde d’égalité des droits et de réelles opportunités pour tous.
Tout comme la violence s’enracine dans la négation de ce qui est humain, ainsi la Bonne connaissance affirme l’attitude de compassion, fruit de la reconnaissance de l’humanité de l’autre comme inhérente à la sienne. De cette manière, la Bonne connaissance proclame comme point de départ de toute conduite valable et comme axe moral indubitable, le principe qui dit : « Lorsque tu traites les autres comme tu veux qu’ils te traitent, tu te libères ».
En même temps, elle exprime la nécessité de dépasser la vengeance, qu’elle soit évidente ou cachée, comme une forme de purification du passé, en proposant d’assumer une attitude consciente de réconciliation personnelle et sociale.

La Bonne connaissance rend fraternel

Comme l’espèce s’est de plus en plus adaptée face à son environnement, par la diversification de ses tactiques d’évolution, les peuples ont pu ainsi élargir leur connaissance en exploitant différents points de vue. La prétention d’uniformiser une seule voie vers la connaissance est le produit du diktat violent d’un seul modèle culturel. La Bonne connaissance pousse à l’enrichissement mutuel, ce qui suppose la multiplication et l’échange de différents savoirs, en célébrant la fraternité qui mène à la reconnaissance de la participation de chaque peuple.

La Bonne connaissance inspire

Depuis toujours, l’être humain a cherché à donner un sens grandissant à sa vie. Ceci l’a conduit non seulement à explorer ce qui l’entoure, mais aussi à approfondir en son intérieur. Ainsi, la Bonne connaissance amène également à dévoiler le sacré, par la recherche des phénomènes se présentant dans la conscience comme des intuitions inspirées venant du plus profond de soi.
Tout comme la science a été un facteur clé dans l’expansion des possibilités humaines, la spiritualité contribue également à la croissance de la vie pour se libérer de la superstition et du dogme, en montrant des chemins vers l’immortalité. De cette manière, la Bonne connaissance affirme le dépassement des oppositions naïves, intégrant le terrestre et l’éternel, le plaisir et la vertu, le matériel et l’énergétique, en complétant le phénoménal vers l’unité.
La Bonne connaissance pousse à aller au-delà des préjudices acceptés comme vérités absolues, en favorisant le changement vers un avenir toujours nouveau et illimité.

La Bonne connaissance humanise

La Bonne connaissance répand l’attitude de nonviolence active comme méthode pour surmonter l’immoralité de ceux qui veulent utiliser le savoir pour immobiliser, contrôler ou détruire la vie humaine.
Elle propose une transformation à la fois sociale et personnelle pour rendre impuissant tout facteur régressif et placer la vie humaine dans sa dimension existentielle, en permettant à chaque Être Humain de se poser librement la question sur le sens de sa vie.
En synthèse, la Bonne connaissance proclame la magnifique perspective et la nécessité de faire de l’Humanisation du monde un projet partagé. L’image d’une Nation Humaine Universelle résume les meilleures intentions de l’Être Humain en route vers le bonheur, la compassion, la liberté et l’immortalité.

Traduction de l’italien par Ségolène Jaillet 

Manifeste du Réseau de constructeurs de la Nation Humaine Universale

(traduction provisoire)

L’histoire de l’être humain est l’histoire de la tentative permanente d’évoluer, de surmonter la douleur et la souffrance, de laisser derrière soi l’injustice, la violence, la discrimination et l’oppression. Et bien qu’il y ait toujours eu des forces rétrogrades, à maintes reprises, il y a eu ceux qui ont vaincu ces résistances et avancé.  C’est ainsi que des millions de personnes travaillent aujourd’hui, essayant de transformer un aspect du monde, chacun à sa place.

Cependant, en ce moment historique, la complexité d’une planète mondialisée affaiblit les tentatives isolées de traiter avec les énormes puissances qui dirigent le monde. Il sera nécessaire que ces millions de volontaires s’articulent et s’organisent globalement autour d’un même objectif : celui d’un monde sans violence, sans guerres, sans pauvreté, sans discrimination. Un monde de liberté, de justice, de durabilité environnementale et d’un avenir ouvert à tous les êtres humains. Bref, cette vieille aspiration qui nous mobilise depuis des générations, mais qui doit maintenant prendre vie à l’échelle mondiale, à travers un véritable réseau de bâtisseurs d’une nouvelle civilisation planétaire.

Parce qu’aussi important que de soutenir des propositions transformatrices dans tous les domaines, il s’agira de construire la force capable de les transformer en réalité. Une force mondiale commune, nourrie par la rébellion de tout être humain contre le pouvoir concentré. Une intelligence commune qui illumine avec l’imagination et la connaissance de ceux qui ne se résignent pas à la médiocrité. Une éthique commune, basée sur la règle d’or de traiter les autres comme nous voulons être traités. Une conscience commune, celle d’un peuple planétaire capable d’humaniser la terre. Une volonté transformatrice qui ne cherche pas la concentration du pouvoir, mais la compréhension profonde que sa force réside dans la diversité.

La convergence dans la diversité sera essentielle ; entre ceux qui se mobilisent pour mettre fin aux guerres et à la course aux armements, ceux qui s’opposent à la violence et à la discrimination, ceux qui aspirent à une véritable démocratie et à la pleine jouissance des droits de l’homme. Ceux qui proposent une économie écologiquement durable et équitable dans la répartition des revenus. Ceux qui travaillent pour une meilleure santé et une meilleure éducation ; ceux qui s’opposent à la manipulation des médias et à l’intolérance religieuse. Bref, la convergence de tous ceux qui travaillent dans les différents domaines de l’activité humaine avec une vision transformatrice nous permettra d’accumuler la capacité d’action nécessaire pour aller de l’avant.

Nous savons que s’articuler dans un réseau mondial ne sera pas facile ; la culture des ravages de l’individualisme et la tendance à nous déstructurer nous divise et nous fragmente. Nous trouvons souvent des coïncidences dans les arguments, les propositions, les affinités et même les adversaires communs. Mais alors nous sommes souvent divisés sur les mots, les détails, les points de vue et même la diversité des connaissances. Mais si nous plongeons profondément à l’intérieur, nous trouverons la force et la rébellion de cet être humain ancestral qui a lutté contre l’adversité tout au long de l’histoire.  Et ce faisant, nous pourrons aussi découvrir chez nos compagnons de route, cette même racine qui nous unit.  Et si ensemble nous prenons conscience de l’orientation destructrice du processus actuel, nous comprendrons l’urgence de travailler ensemble pour changer de cap, en avançant pas à pas dans l’édification d’une véritable Nation Humaine Universelle.

Même si le chemin est long et que l’horizon est lointain, ne nous embourbons pas dans les difficultés et ne nous contentons pas de ce qui est possible ; continuons à avancer vers les utopies, car plus les aspirations qui nous unissent sont grandes, plus nos différences seront petites et plus notre force sera grande.

source: https://www.universalhumannation.org/fr/manifeste/

 

Les migrations : donner une réponse humaniste et universaliste

Par Denis Dégé. Pressenza. 18.04.2018

https://www.pressenza.com/fr/2018/04/migrations-donner-reponse-humaniste-universaliste/https://www.pressenza.com/fr/2018/04/migrations-donner-reponse-humaniste-universaliste/

Les migrations : donner une réponse humaniste et universaliste

« Il est nécessaire de promouvoir la relation entre les peuples par l’organisation de rencontres et d’enceintes d’échange entre des personnes de différentes cultures, non seulement dans l’intention qu’elles se découvrent mutuellement, qu’elles reconnaissent les inquiétudes et aspirations des unes et des autres, mais aussi pour que cet échange donne lieu à un dialogue véritable orienté vers la recherche de points communs présents dans le cœur de tout un chacun. On veillera à créer des communautés multiples par leurs origines, pour contrecarrer l’intention du système de marginaliser et isoler la lutte d’une catégorie de la population pour ensuite la prendre pour cible. »

Il est nécessaire de dénoncer et de lutter quotidiennement contre toute forme de discrimination manifeste ou larvée, au travers de campagnes qui incitent à la pleine application des droits humains, pour la libre circulation des êtres humains sur la planète et pour que chacun ait la possibilité de choisir le lieu et les conditions dans lesquelles il veut vivre, pour améliorer le présent en construisant un futur commun. »…

lien pour aller au texte complet

 

Silo: Où va le monde ?

Pris de: présentation du livre Lettres à mes amis
Centre Culturel « Station Mapocho »
Santiago, Chili
14 mai 1994

… »Il est très probable que se consolide un empire mondial qui tendra à homogénéiser l’économie, le droit, les communications, les valeurs, la langue, les us et coutumes. Un empire mondial orchestré par le capital financier international qui ne fera même pas cas des populations situées dans les centres de décision.
Dans cette situation saturée, le tissu social va poursuivre son processus de décomposition. Les organisations politiques et sociales, l’administration de l’État seront tenues par des technocrates au service d’un monstrueux para-État qui tendra à  iscipliner les populations, avec des mesures plus restrictives à mesure que la décomposition s’accentuera. La pensée aura perdu sa capacité d’abstraction, remplacée par un mode de fonctionnement analytique et pas à pas, selon le modèle informatique. On aura perdu la notion de processus et de structure, et il en résultera de simples études de linguistique et d’analyse formelle. La mode, le langage et les styles sociaux, la musique, l’architecture, les arts plastiques et la littérature s’en trouveront déstructurés et l’on considèrera comme une grande avancée ce mélange de styles dans tous les domaines, comme ce fut le cas à d’autres périodes de l’Histoire avec les éclectismes de la décadence impériale.
Alors le vieil espoir de tout uniformiser entre les mains d’un même pouvoir s’évanouira pour toujours. Cet obscurantisme de la raison, cette fatigue des peuples laisseront le champ libre à tous les fanatismes, à la négation de la vie, au culte du suicide et au fondamentalisme désincarné. Il n’y aura plus de science ni de grandes révolutions de pensée… seulement une technologie qu’on appellera alors « Science ». Les localismes, les luttes ethniques resurgiront, et les peuples laissés pour compte se jetteront sur les centres de décision, dans un tourbillon après le passage duquel les mégacités, jadis surpeuplées, seront désertées. Des guerres civiles continuelles secoueront cette pauvre planète sur laquelle nous ne désirerons plus vivre. Enfin arrive la partie du conte qui s’est répétée dans de nombreuses civilisations, lesquelles croyaient, à ce moment-là, en un progrès sans fin. Toutes ces cultures se sont dissoutes mais, heureusement, alors que certaines tombaient, de nouvelles impulsions humaines surgissaient ailleurs et, dans
cette alternance, l’ancien fut dépassé par le nouveau. Il est clair que, dans un système mondial fermé, il n’y a pas de place pour l’émergence d’une autre civilisation, mais seulement pour un long et obscur Moyen Âge mondial. »…

Vincent de Gaulejac, Anxiétés et « capitalisme paradoxant »

source: https://www.youtube.com/watch?v=Tt4wNXXSDg8&t=43s

Une idée que je retiens:

Quoi faire?
Réfléchir, essayer de devenir de plus en plus sujet.

Comment résister au capitalisme paradoxant qui est en train de nous rendre fous?

1. Ne pas renoncer à comprendre (et aider les autres à comprendre).
2. Ne pas se resigner.
3. être capable de pratiquer l’humour (une façon de déconstruire?).
4. ne jamais s’isoler: partager ce que ce système nous fait.
5. valoriser l’action collective.
6. Trouver un sens à son existence.

 

 

Le capitalisme paradoxant, un système qui rend fou

Jean-Luc Metzger, « Vincent de Gaulejac et Fabienne Hanique, Le Capitalisme paradoxant. Un système qui rend fou, Paris, Seuil, 2015, 288 p. », La nouvelle revue du travail [En ligne], 9 | 2016, mis en ligne le 30 octobre 2016, consulté le 26 avril 2018. URL : http://journals.openedition.org/nrt/2974

« ..Cette commune propension à tout détruire au prétexte de créer un individu nouveau se manifeste, d’abord, dans le fait que « chacun doit se présenter comme responsable, (…) on lui prescrit d’être autonome, mais la conquête de l’autonomie passe par la soumission à des injonctions, par l’incorporation de normes » (p. 20). L’ardente obligation d’être libre de ses choix est surdéterminée par l’impératif d’adopter des modèles de comportement prescrits : (désirer) être hyper-performant, par exemple. C’est donc la capacité à être authentiquement autonome que détruit ainsi l’injonction systémique à l’autonomie. D’autant plus qu’une telle emprise accroît simultanément « la peur de se tromper et d’être trompé » (p. 20). Incités à nous méfier de tout et de tous, nous recherchons les informations, les moyens, les mesures qui vont nous garantir la qualité, la sécurité, les meilleurs prix, le meilleur environnement, etc. Tels des courtiers polyvalents et multicartes, il nous faut nous transmuter en êtres omniscients et hyperinformés, experts en concurrence….

aller au text complet sur La Nouvelle revue du travail

==================

À ce sujet Silo parlait dans sa « deuxième lettre a mes amis »: 

« Alors que le pouvoir régional et mondial des multinationales augmente, alors que le capital financier international se concentre, les systèmes politiques perdent de leur autonomie, et la législation s’adapte aux diktats des nouveaux pouvoirs. De nombreuses institutions peuvent aujourd’hui être directement ou indirectement suppléées par les départements ou les fondations de la Compagnie, laquelle, dans certains endroits, est capable d’aider à la naissance, la formation, l’acquisition d’un travail, le mariage, les loisirs, l’information, la sécurité sociale, la retraite et la mort de ses employés et de leurs enfants. Le citoyen peut déjà, dans certains endroits, se passer de ces démarches bureaucratiques démodées, en utilisant une carte de crédit et, peu à peu, tendre vers l’utilisation d’une monnaie électronique avec laquelle seront pris en compte non seulement ses dépenses et ses rentrées, mais aussi tous ses antécédents importants ainsi que sa situation actuelle dûment enregistrée. Il est bien évident que tout ceci évite pour un petit nombre, des lenteurs et des préoccupations secondaires mais ces avantages personnels serviront aussi à un système de contrôle dissimulé. À côté de la croissance technologique et de l’accélération du rythme de vie, la participation politique diminue ; le pouvoir de décision devient de plus en plus lointain avec de plus en plus d’intermédiaires. La famille se réduit et éclate en couples de plus en plus mobiles et changeants ; la communication interpersonnelle se bloque ; l’amitié disparaît et la compétition envenime toutes les relations humaines à tel point que tout le monde se méfie de tout le monde ; la sensation d’insécurité ne repose déjà plus sur le fait objectif de l’augmentation de la criminalité mais avant tout sur un état d’âme »

À la croisée des chemins (Les pas vers la Nation Humaine Universelle)

Guillermo Sullings  

Vers la Nation humaine universelle
La civilisation humaine se trouve à un carrefour qui met en exergue un grand nombre de contradictions. L’hypocrisie des démocraties formelles et l’autoritarisme des gouvernements – totalitaires ou agissant comme tels – trahissent le peuple au nom du peuple. Le fossé toujours plus grand entre la voracité du pouvoir économique et les nécessités des populations marginalise des millions d’êtres humains et provoque des crises dramatiques et récurrentes. La lutte pour les espaces de pouvoir sur la scène internationale use de la guerre et renforce le terrorisme. Les médias cherchent à s’ériger en défenseurs de la vérité alors qu’ils s’emploient à manipuler l’opinion publique. Le monde est ainsi asphyxié par toutes les formes de violence : violence physique, économique, raciale, religieuse et violence sociale généralisée dont les populations – et leur environnement – sont toujours les principales victimes.
Aujourd’hui prévaut la vision d’une société homogénéisée, gouvernée par des pouvoirs transnationaux, dans laquelle la seule question est de savoir si cette gouvernance sera l’ouvre d’une puissance militaire, du pouvoir financier ou d’une bureaucratie de politiciens. Dans ce modèle, la seule motivation des décisions impliquant l’humanité toute entière réside dans l’intérêt économique de quelques-uns.
L’auteur préfère imaginer un processus intégrateur dans lequel les populations s’organisent en construisant une nouvelle civilisation, planétaire, une Nation humaine universelle :
Libérer à nouveau la force de l’utopie en la transformant en un véritable projet ;
Développer une construction progressive, qui finisse par désarticuler ces pouvoirs et ouvre de nouvelles perspectives ;
S’engager, enfin, dans le chemin de la cohérence en direction d’un avenir pleinement humain.

https://www.editions-references.com/croisee.html

 

LE MANIFESTE DES PARVENUS

«Seuls les entrepreneurs peuvent devenir riches. Devenez entrepreneur. C’est le meilleur investissement que vous pouvez faire, car il implique d’investir dans vous-même, tandis que travailler pour un salaire équivaut, cela s’entend, à enrichir autrui. Les termes de l’alternative sont clairs : donner ou prendre (partager étant exclu de la discussion). Ainsi pourrait se conclure le manifeste du parvenu : ce qui n’est pas pris est perdu.»

Source: Lux Éditeur

COMENTAIRES:

Cette oeuvre vient nous rappeler du danger de la pensée unique et de la valeur de la solidarité de du bien commun. Il est pertinent de citer quelques mots sur le capital:

« Voici la grande vérité universelle : l’argent est tout. L’argent est gouvernement, il est loi, il est pouvoir. Il est, fondamentalement, subsistance. Mais en plus, il est l’art, il est la philosophie et il est la religion. Rien ne se fait sans argent ; on ne peut rien sans argent. Il n’y a pas de relations personnelles sans argent. Il n’y a pas d’intimité sans argent et même le choix de la solitude dépend de l’argent.

Mais la relation à cette « vérité universelle » est contradictoire. La majorité des gens ne veulent pas de cet état de fait. Ainsi, nous sommes face à la tyrannie de l’argent. Une tyrannie qui n’est pas abstraite car elle a un nom, des représentants, des exécutants et des procédés indubitables.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’économies féodales, ni d’industries nationales, ni même d’intérêts de groupements multinationaux. Aujourd’hui il s’agit, pour ces survivants historiques, d’adapter leurs avoirs aux impératifs du capital financier international, ce capital spéculateur qui se concentre à l’échelle mondiale. Même l’État national a besoin de crédits et d’emprunts pour survivre. Tous mendient l’investissement et fournissent des garanties pour que la banque assume les décisions finales. Le temps approche où les entreprises elles-mêmes ainsi que les campagnes et les villes deviendront la propriété incontestable de la banque. De même, le temps du para-État arrivera, où l’ancien ordre sera anéanti.

Parallèlement, l’ancienne solidarité disparaît. En définitive, il s’agit de la désintégration du tissu social et de l’apparition de la déconnexion de millions d’êtres humains, indifférents entre eux, malgré la pénurie générale. Le grand capital étend son pouvoir non seulement sur l’objectivité, par le contrôle des moyens de production, mais aussi sur la subjectivité par le contrôle des moyens de communication et d’information. Dans ces conditions, le grand capital peut disposer à son gré des ressources matérielles et sociales, dégradant irrémédiablement la nature et écartant progressivement l’être humain. Pour cela, il dispose de technologies suffisantes. Et, de même qu’il a vidé de sens les entreprises et les États, il vide aussi de sens la science en la transformant en technologie produisant la misère, la destruction et le chômage. »

Silo, Lettres à mes amis.

 

%d blogueurs aiment cette page :